L’Autorité palestinienne va cesser de respecter les accords avec Israël, avertit Mahmoud Abbas

ALN NEWS DESK
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Updated : Jul 26, 2019, 02:17 AM IST
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Des responsables palestiniens avaient déjà brandi cette menace dans le passé, mais c’est la première fois que le président palestinien l’annonce de manière aussi directe.

L’annonce faite par Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne , concernant la cessation de l’application des accords signés avec Israël, représente une escalade significative dans les relations déjà tendues entre les deux parties. L’AP, qui a été créée dans le cadre des accords d’Oslo dans les années 1990, a pour mission de gouverner certaines parties des territoires palestiniens, notamment la Cisjordanie, tout en étant censée collaborer avec Israël sur divers enjeux, y compris la sécurité et la gestion des ressources. Cette décision, annoncée le 25 juillet, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes, tant sur le plan politique que social.

Les accords d’Oslo, signés en 1993 et 1995, avaient pour but de parvenir à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens. Ils ont établi une autonomie limitée pour les Palestiniens, tout en reconnaissant le droit d’Israël à exister. Toutefois, ces accords n’ont pas été pleinement mis en œuvre, et les négociations pour un règlement final ont stagné depuis de nombreuses années. Le fait que Mahmoud Abbas annonce cette décision de manière aussi directe souligne une rupture potentielle avec des décennies de politique palestinienne, où la coopération, même limitée, était considérée comme un moyen de maintenir un dialogue avec Israël.

Dans son discours à Ramallah, Abbas a précisé que la direction palestinienne mettrait en place un comité pour évaluer les implications de cette décision. Cela pourrait signifier que l’AP envisage de modifier sa stratégie face à ce qu’elle considère comme des violations répétées des droits des Palestiniens par Israël. Les accords en question couvrent des sujets variés, allant de la gestion de l’eau à la coopération en matière de sécurité. Si l’AP décidait effectivement de ne plus respecter ces accords, cela pourrait entraîner une intensification des tensions sur le terrain, notamment en Cisjordanie, où des incidents violents sont déjà fréquents.

Il est important de noter que le Conseil palestinien avait déjà voté en 2015 pour mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, mais cette décision n’avait pas été mise en œuvre. La coopération sécuritaire est souvent décrite comme une mesure permettant de maintenir un certain niveau de stabilité dans la région, bien que de nombreux Palestiniens voient cette collaboration comme une trahison de leur cause nationale. Les autorités israéliennes, de leur côté, soutiennent que cette coopération est bénéfique pour les deux parties, car elle permet de prévenir des attaques et de maintenir l’ordre.

Les relations entre l’AP et Israël se sont détériorées au cours des derniers mois, exacerbées par des actions israéliennes telles que la démolition de logements palestiniens. Abbas a qualifié ces démolitions de "nettoyage ethnique" et de "crime contre l’humanité", ce qui témoigne de la gravité de la situation. Ces démolitions sont souvent justifiées par Israël au motif qu’elles sont effectuées sur des constructions illégales selon la loi israélienne, mais elles sont perçues par les Palestiniens comme une tentative de réduire leur présence sur le terrain et de renforcer le contrôle israélien sur la région.

Bras de fer financier

Le conflit entre l’AP et Israël ne se limite pas aux questions de sécurité et de territoire, mais s’étend également à des enjeux financiers. En février, Israël a décidé de bloquer 500 millions de shekels (environ 127 millions d'euros) des fonds dus à l’AP au titre de la TVA et des droits de douane. Cette décision a été prise en réponse aux allocations versées par l’AP aux familles de Palestiniens emprisonnés ou tués pour des attaques anti-israéliennes. Ce blocage a engendré une crise financière pour l’AP, qui dépend fortement de ces revenus pour son fonctionnement. En effet, ces taxes représentent environ 65 % des recettes de l’AP, une institution qui est censée servir de base à un futur État palestinien.

Mahmoud Abbas a réagi en refusant de recevoir des fonds partiels, ce qui a exacerbé la situation économique de l’AP. Les salaires des fonctionnaires sont souvent retardés, et les services publics souffrent d’un manque de financement. Cette crise financière pourrait également avoir des répercussions sur la stabilité politique de l’AP, déjà affaiblie par des divisions internes et un manque de soutien populaire. Les Palestiniens, en particulier les jeunes, expriment souvent leur frustration face à la corruption et à l'inefficacité de leurs dirigeants, ce qui pourrait alimenter des mouvements de contestation.

Dans ce contexte, les négociations autour de la solution à deux États, qui visent à établir un État palestinien aux côtés d’Israël, sont dans une impasse. Les États-Unis, traditionnellement perçus comme un médiateur dans ce conflit, ont promis un plan de paix, mais les détails politiques de ce plan restent flous. Les émissaires américains, Jared Kushner et Jason Greenblatt, doivent retourner au Moyen-Orient pour des discussions, mais les Palestiniens ont boycotté ces initiatives, accusant l’administration Trump de partialité en faveur d’Israël. Cette situation complique davantage la possibilité d’un dialogue constructif entre les deux parties.

Les implications de la décision d’Abbas d’arrêter de respecter les accords avec Israël pourraient être vastes. D’un côté, cela pourrait conduire à une intensification des violences en Cisjordanie, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour les civils des deux côtés. De l’autre, cela pourrait également forcer la communauté internationale à réévaluer son approche du conflit israélo-palestinien et à chercher des solutions alternatives pour relancer le dialogue. Les tensions croissantes pourraient également inciter d'autres pays de la région à s'impliquer davantage, ce qui pourrait changer la dynamique du conflit.

En conclusion, la déclaration de Mahmoud Abbas marque un tournant dans les relations entre l’Autorité palestinienne et Israël. Alors que les deux parties se dirigent vers une période d'incertitude et de tensions accrues, il est impératif que la communauté internationale prenne des mesures pour encourager un dialogue constructif et pour soutenir les efforts visant à parvenir à une paix durable dans la région. La situation est complexe et nécessite une approche nuancée, prenant en compte les aspirations légitimes des Palestiniens ainsi que les préoccupations sécuritaires d'Israël.

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